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lundi 21 novembre 2011

Le meilleur des deux mondes

Le 17 novembre dernier, c’était – ou cela aurait été – le 49ième anniversaire du très regretté Dédé Fortin, membre fondateur du groupe Les Colocs, décédé depuis onze années déjà.  Sur la page Facebook du groupe, bon nombre d’internautes sont allés publier une pensée pour lui; un «bonne fête»  ou un « tu nous manques ».
Mike Sawatzky, guitariste du feu groupe et coordonateur de la page Facebook, n’y a pas fait exception, adressant à son défunt ami une pensée qui a bien fait enrager les fins connaisseurs et fidèles admirateurs du chanteur. Ladite abomination se lisait comme suit :
« Dédé, we miss you. Think about us where you are,...have a good one. »
La chicane a pognée.
Ils étaient outrés comme jamais, ces grands fans.
Où est le problème?, me direz-vous. Pourquoi ont-ils pété un câble envers un si émouvant message?
Parce qu’il est rédigé en anglais, voilà pourquoi ils ont pété un câble.
Parce que Mike Sawatzky a eu le malheur d’écrire dans sa langue d’origine.
Parce qu’André Fortin était le "défenseur de la langue française", et rien d’autre.
Il y a eu un long débat : « Ce n’est pas ce que Dédé  aurait voulu », « il a du se retourner dans son cercueil», et autres blabla.
En lisant tout ça, j’en suis venue à me dire que ce n’est plus la question, que l'on sent fou de ce qu’il aurait voulu. Je crois que la question que l’on devrait davantage se poser c’est : nous, nous là, pas Dédé Fortin, NOUS, qu’est-ce que l’on veut?
Est-ce que l’on veut vraiment voir toutes formes d’anglais comme une menace? Comme une contagieuse varicelle?
Il faut rendre inférieurs tous les autres langages parce que l'on a peur de perdre le nôtre? Nous avons si peu confiance? Il faut rabaisser les autres pour se remonter?
Si j’ai bien compris, les anglophones ne peuvent plus parler leur langue sur notre territoire? Ni même sur Facebook? Ça me fait penser au poème de Michèle Lalonde: Speak White; nous sommes presque rendus aussi impératifs.
Ouin, mais si on veut préserver notre belle langue, il faut bien empêcher que l’anglais empiète, diront certains.
Bien sûr qu’il faut la préserver, bien sûr qu’elle est belle. Mais il y a d’autres choses à préserver avant tout : la liberté de chacun, et la culture de chacun.  
Je l’adore la langue française, je vous reprends lorsque vous la parlez mal, mais je ne reprendrai jamais un anglophone parce qu’il ne l’emploie pas à chacune de ses phrases. Je veux qu’il sache la parler aux clients du dépanneur, je veux qu’il sache l’écrire et l’utiliser, je veux qu’il l’apprenne à ses enfants comme je vais apprendre l’anglais aux miens. Mais comprenons que, sa langue, il l’aime aussi.
Il me semble que le temps de l’assimilation est révolu. Ou alors il devrait l’être. 

Je crois que vivre dans un monde bilingue n'a rien d'inquiétant et que l'unilinguisme l'est davantage. Nous sommes francophones, nous le resteront. Ce n'est pas parce que vous rencontrez un Japonais que vos yeux se mettent à se brider.

C’est beau de voir de l’anglais et du français sur la même affiche, sur la même étiquette, sur la même page Facebook. 

J'ai l'impression d'enfin assister à leur mariage. 
Au meilleur des deux mondes.  

lundi 7 novembre 2011

Complications avec la STL


Je dois me lever à 5h20; le soleil n’a même pas le courage de se lever à cette heure impossible.

6h15 : Je me rends à mon arrêt d’autobus, on me dit que je n’ai plus le droit de le prendre à cet endroit; l’endroit où il s’arrête depuis 10 ans. Ah bon? « Il y a eu des modifications d’arrêts avec le nouvel horaire d’automne.» Une belle grosse blague pour commencer la journée: je vais devoir appeler la ville de Lévis pour réclamer mon arrêt, qui est directement sur le trajet d’autobus.  Complications.

Long et froid transfert : 6h55.

J’embarque dans la 43 : la Garneau Express. Vraiment très express : j’arrive au cégep à 7h10 : 50 minutes à tuer avant le cours de 8h. Comme si je n’avais pas assez massacré de temps déjà.

J’avale : c’est le prix à payer lorsque l’on veut étudier et que l’on habite loin.

Mon seul cours de la journée se termine à 10h.
On me dit souvent que je suis chanceuse de finir à cette heure le vendredi. C’est vrai, j’aurais pu l’être; dommage que cette chance ne s’applique pas aux résidents de la Rive-Sud.
Le prochain autobus est à 12h30.

C’est à partir de ce moment que je n’avale plus : pas à 12h30 à Garneau.
Non, le premier retour de Garneau est à 16h08.
À 12h30 au Cégep de Ste Foy.

Je reformule : à 12h30 au cégep qui est à 20 minutes de marche de Garneau.

Complications.

La 7. Bien sûr, nous pourrions tous prendre la 7 pour nous  rendre au cégep qui est à 20 minutes de marche de Garneau.
La passe inter-rive coûte 100$ par mois.
Complications par-dessus complications : ça ne devrait pas être le prix à payer lorsque l’on veut étudier et que l’on habite loin.
Pour les plus fortunés, bonne option. Pour les autres, la marche à pied devient plus abordable. Abordable, et de moins en moins payante avec ce parfum frais d’hiver qui commence à se répandre dans l’air.

Et du lundi au vendredi, la même histoire.

Les allées pour le Cégep François-Xavier Garneau ? 6h 55 et 8h35.
Que faire lorsque ton premier cours est à midi?
Voici la réponse : les allées pour le Cégep de Ste-Foy : 6h55, 7h50, 8h35, 9h20, 10h15, 11h30, 13h30, 15h00.

Marches!

Les retours pour le Cégep François-Xavier Garneau : 16h08, 16h54 et 17h54.
Il y en a douze pour le Cégep de Ste-Foy.

Pourquoi avoir pénalisé notre cégep? Bien avant ces ridicules modifications, nous étions tous égaux, nous avions tous droit à notre part égale d’autobus; autant les élèves du Cégep Ste-Foy, de Garneau ou de Lévis-Lauzon.

À les entendre, nous sommes juste 3-4 à étudier à Garneau.
J’ai bien entendu parler de la polémique de territoire entre la Ville de Québec et la Société de transport de Lévis, comme quoi celle-ci empiétait trop sur le sien.         

Une vraie petite de guerre de pipi de chien.

C’est décevant de voir à quel point les étudiants ne sont pas considérés comme autant important qu’on le dit. Ils disent tout faire en notre faveur, tout faire pour aider ceux qui deviendront les prochains acteurs dans cette société, mais sommes-nous vraiment une priorité?

C’est cool, j’ai un rabais de 15% sur les livres que j’achète au Archambault. C’est ça accorder de l’importance aux étudiants? Je ne suis même pas en mesure d’avoir un transport qui a du bon sens, un transport qui me transporte là où j’ai besoin de me rendre pour étudier, et à des heures pas trop intergalactiques.

Ça l’air que pour avoir accès à mes droits, je vais devoir aller étudier au Cégep Ste-Foy; Garneau n’est pas considérable.