Qu’est-ce que l'on sait des perroquets? On dit qu’ils sont intelligents.
Vraiment? Intelligents?
Il me semble que tout ce que nous les avons vus faire, c’est répéter, imiter. Pouvons-nous vraiment leur attribuer une intelligence alors qu’ils ne savent que reproduire ce qu’ils ont vu et entendu? Les copieurs sont-ils intelligents?
Moi je trouve qu’ils ont plutôt l’air cons, les perroquets : tu leur dit hello et ils répondent hello, tu siffles et, comme par surprise, ils sifflent. Un perroquet, c’est saoulant, et ça manque gravement d’originalité. Ils devraient développer leurs propres idées parfois, parce que ça fait pitié des êtres sans personnalité.
Oui, on fait pitié.
Oui, on fait pitié.
Nous ne devrions pas êtres fiers d’être des perroquets.
Hier soir, j’étais assise dans mon salon et j’écoutais, toute relaxante, la télévision. Soudain, un spectacle de perroquets commence. Je vous jure, l’un des plus troublants spectacles de perroquets que j’ai eu la chance de voir dans ma vie: The Price Is Right, version québécoise. C’était frappant, c’était saoulant : fidèles à nous-mêmes, loyaux à notre manque flagrant de personnalité, nous avons imité de façon exemplaire la version américaine de The Price Is Right : aucune variante : les mêmes jeux, les mêmes prix, le même genre de petites perroquettes sexy qui présentent les mêmes prix ; même le titre de l’émission a été imité de façon irréprochable. Nous avons mis le paquet !Nous, peuple-perroquet, sommes rendus très forts dans notre jeu d’imitation.
Nous sommes aussi rendus très mauvais dans le jeu d’affirmation de soi-même.
Nous nous faisons marché sur les pieds, mais ça ne semble pas nous déranger puisque, en fait, nous nous auto-tirons dans le pied. Je ne sais pas si c’est volontaire, je ne sais même pas si nous réalisons ce que nous faisons, si nous réalisons que le ¾ de nos divertissements sont des imitations, que c’est avec les fruits de d’autres cultures que nous cuisinons. Je ne sais pas si nous réalisons que, chez nous, les récoltes semblent épuisées et qu’il serait grand temps de ressemer nos propres graines
Il faudrait peut-être que l'on arrête de nous faire croire que nous sommes intelligents, que l'on arrête de nous donner de petits biscuits-récompenses lorsque nous réussissons à répéter ce que le grand aigle américain ou d'autres oiseaux de proies font si bien.
Il faudrait peut-être que l'on arrête de nous faire croire que nous sommes intelligents, que l'on arrête de nous donner de petits biscuits-récompenses lorsque nous réussissons à répéter ce que le grand aigle américain ou d'autres oiseaux de proies font si bien.
La vérité, c’est que nous avons le cerveau vide et qu’il faut aller piger dans celui des autres pour donner l’impression qu’il est plein; c’est quand que l'on va finir par nous le dire, ça? C’est quand que nous allons arrêter d’être pâmé devant nos petits jeux d’imitation, que nous allons arrêter de nous applaudir et que nous allons finalement décider de s’affirmer, d'évoluer, et d’arrêter de régresser.
Parce que nous régressons, oui ! Au temps de Gaston Miron ou de Gilles Vigneault, nous n’étions pas des perroquets encore, nous n'avions rien de des imitateurs, nous avions nos idées, notre voix, notre voie.
Et aujourd’hui : Le Banquier, L’arbitre, Le mur, Job de bras, etc.
Et aujourd’hui, notre fierté, c’est d’être de bons perroquets.
En effet, il me semble, à moi aussi, que tout ce que nous réussissons à "pondre" à notre époque ne sont que de faibles copies de ce que font les américains. Et ce n'est pas seulement le cas dans nos émissions (complètement pourries) mais dans la vie de tout les jours. Nos films sont des copies, nos vêtements, nos gadgets électroniques comme les téléphones cellulaires ou autre. Tout ce que nous produisons proviennent des idées des autres. Je trouve cela bien redondant et surtout énormément navrant pour notre peuple. Il ne faut pas le cacher, nous sommes un peuple de "suiveux".
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